Non, je le veux.

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                     Crédit photo: Eric McCarty

 

C’est lundi soir et je soupe tranquille avec ma copine. On mange, on boit, on jase et… Coup de théâtre! Le gars assis à la table d’à côté se lève et sort une bague de sa poche de pantalon. Ah le con! Un lundi soir? Ma blonde a les yeux pleins d’eau et aime beaucoup trop avoir la chance d’assister à ce beau moment d’amour.  De mon côté, je songe vraiment à prendre mon repas take out et partir en courant.  Monsieur profite du fait que madame soit partie au petit coin pour préparer sa grande demande. Un fin renard. La serveuse apporte les roses qu’il lui avait préalablement confiées et un photographe sort de nulle part. Gros set up. Notre jeune amoureux semble nerveux. Je dirais même crissement nerveux.  Il sue sa vie. Ok oui, c’est cute. Mais ce qui est bizarre, c’est que 15 minutes auparavant, il jasait avec sa « future épouse » qu’il aimerait emménager chez elle et elle de lui répondre en riant : « On verra en juillet. » et une mini chicane s’en est suivie. (Oui, je l’avoue. J’aime bien écouter les discussions des autres et les juger par pur plaisir.) Un petit conseil de voisin de table mon Casanova; Cancelle ton projet de mariage, mets-ça sur hold et range ta bague. Ce n’est ni la place, ni le moment.

Bref, il sue sa vie, me regarde et me dit : «Je suis tellement nerveux là. J’espère qu’elle va me dire oui.» Et moi de lui lever mon verre en guise de « lâche pas mon gars ça va bien aller ». Tsé avec mon sourire démoniaque et ma tête qui fait un signe de  « non fait pas ça tu vas te planter ». Il me semble que c’est évident. Si tu as le moindre doute que ta blonde va te répondre non, il manque un petit quelque chose à ton couple.

Il attend, j’attends, ma blonde attend, tout le restaurant attend. Les filles présentes sont beaucoup trop émotives et les gars souhaitent tous qu’il se plante. C’est long. Très long. C’est clairement un caca qu’elle en train de faire. « Comment il t’a demandé en mariage toi? Es-tu bien assise? Écoute-ça. Je revenais de chier ma vie et paf, veux-tu m’épouser? » . Tout le monde rêve de se faire demander en mariage après un gros étron voyons.  Le moment tant attendu arrive enfin. Elle revient finalement des toilettes et lui, droit comme une barre, la regarde avec les yeux de l’amour et les aisselles en sueur. Plus elle s’approche, plus elle le regarde avec mépris. Un genre de regard « Qu’est-ce que tu fous debout avec un bouquet de roses et une bague dans les mains?  Tu me niaises-tu? Ça fait juste trois mois qu’on se connait pis on est au St-Hubert ciboire! »  Pour vrai, la face de la fille vaut un million de dollars. Je vous confirme que l’amour rend aveugle parce que lui ne semble s’apercevoir de rien du tout. Je savoure le moment.  La face de marde de notre épouse en devenir a mis un énorme frette dans tout le restaurant. Il a même fallu que je fasse réchauffer mon poulet. Souris un peu, tu es son choix du chef. Après un gros 30 secondes d’attente désespérée, elle lui répond enfin un oui assez timide suivi d’un bec sur la joue. J’étais certain qu’elle dirait non. Déception. J’entends le cœur de ma blonde fracasser tellement elle a pitié de lui.  Tout le monde dans la salle à manger se regarde et fait une face de « elle lui a dit oui afin qu’il ne perde pas la face en public. » C’est plate à dire, mais d’après moi il est flushé une fois rendu à la maison.

« Elle a dit oui! »  Le restaurant en entier se met à applaudir. Pour être franc, cet applaudissement ne fait clairement pas parti de mon top 3 des plus beaux applaudissements que j’ai entendus dans ma vie. Peut-être parce qu’on n’y croyait pas vraiment… Le couple s’assoit et les murmures commencent. Nos « futurs mariés » ne semblent pas être du tout dans le même état d’esprit. Lui est littéralement aux anges et elle, semble plutôt vouloir quitter l’aventure et se saouler la yeule. Tout le monde la regarde « discrètement ». (Discrètement genre retourne-toi pas tout de suite, mais faut que tu vois ça.) Elle se force de sourire et mange sa salade de chou avec appétit. Elle est du genre crémeuse et lui traditionnelle. Déjà là, tu sais que ça part sur des mauvaises bases. Wake up! Sur un élan de passion et de folie, notre  « futur marié » commande un demi-litre de vin blanc. Il la gâte. On ne vit pas un beau moment de même deux fois dans une vie! Vaut mieux en profiter tsé! Et là, malgré le désaccord le plus total de ma copine, je ne peux pas résister à la tentation. Je frappe doucement sur mon verre à l’aide d’un couteau pour que les « futurs mariés » s’embrassent. (Ahhhh cette bonne vieille tradition.) Dès le deuxième coup de couteau, elle se tourne vers moi et me fusille du regard. Le regard, Maurice Richard! Je suis assez fier de ma shot. Le couple s’embrasse et ce qui devait arriver, arriva. J’avais tout planifié dans ma tête. Un Michel et une Monique un peu pompettes tripent beaucoup trop et abusent de cette fabuleuse tradition. D’après mes calculs, ils tapent environ à tous les deux minutes depuis 30 minutes sur leur verre respectif en criant « Un bisou! Un bisou! » C’est magique. Ça pue l’amour à plein nez.  Le point positif de cette soirée, c’est que notre jeune amoureux n’a pas mis la barre bien haute pour les hommes présents. Merci voisin.

*Oui, je ris de ce magnifique moment de malaise, mais je dois souligner les couilles énormes que possède cet homme. Il a mis son cœur, sa poitrine et sa cuisse sur la table afin de lui crier son amour. Toute cette préparation  et déclaration lui ont sûrement demandé tout son petit change, mais il l’a fait. Ce n’était pas parfait, c’était maladroit, mais il a joué le tout pour le tout. Je lui lève mon chapeau. J’espère sincèrement que je me suis trompé et qu’une fois arrivés à la maison, ils ont fait l’amour comme des poulets sauvages tout en dégustant leur restant de vin blanc.

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Le loup de Repentigny.

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Suis-je un mâle? Suis-je un vrai gars? Je me pose la question, car dernièrement plusieurs filles m’ont fait remarquer mon petit côté féminin/bébé lala très développé.

Je crois qu’un gars reste un gars lorsqu’il est entre chums. Je suis si viril lorsque je suis avec ma meute de tannants, mais dès que je suis seul ou avec une fille, mon comportement change littéralement. Je deviens une fillette. Dans ma tête, je demeure un super mâle alpha, je suis Bruce Willis, mais les actions que je pose me trahissent.  Je me mens à  moi-même. Je m’explique.

Pour commencer, un gars, c’est un enfant, mais avec du pouelle! Bin du pouelle! Hier soir, comme un petit gamin, j’ai réécouté  pour la cinquième fois le même film : «The wolf of Wall Street» de Martin Scorsese.  J’adore ce film.  Aujourd’hui, je me rends au Café Morgane afin de travailler un peu sur mes textes. J’ai encore le personnage de Jordan Belfort en tête. Je porte des vieux cotons ouatés noirs, un t-shirt trop grand vert laid et un hood gris qui a du vécu. Je mérite clairement une contravention de style. Je suis tout le contraire du beau Léonardo DiCaprio. Par contre,  je conserve ma virilité parce qu’un gars ça se fout bien de comment il est habillé lorsqu’il travaille sur ses textes dans un café. Dès que je franchis la porte, avec ma vision périphérique Wayne Gretzky, j’ai déjà fait un top 5 des jolies filles de la place. Ça c’est mâle. Et là, je tombe littéralement en amour. Mon cœur se met à avoir chaud.  Je l’aperçois au loin, la plus belle fille que j’ai vue de toute ma vie… aujourd’hui 😉 Elle dégage le bonheur. Nos regards se croisent et du même coup, je regrette vraiment mon choix vestimentaire du moment. Bye bye gars, je vous présente fillette. Je me dirige donc directement vers les toilettes telle une vraie de vraie fille pour regarder ce que j’ai l’air dans le miroir. Ma priorité numéro un n’est plus l’écriture, mais bien de me « poupouner ».  Après m’avoir convaincu pendant un bon deux minutes que les femmes préfèrent les gars relaxes qui se foutent bien de quoi ils ont l’air, je sors de la toilette. Je cherche une table disponible près de ma nouvelle amoureuse afin qu’on puisse se faire des petits regards mielleux, même si je sais pertinemment que je ne lui adresserai aucunement la parole et que je lui ferai tellement pas de regards mielleux.  Bingo! Une banquette se libère juste en face d’elle. De plus, on dirait qu’elle aussi se fout bien de comment elle s’habille, mais la différence entre elle et moi, c’est qu’elle est magnifique. Maudit que ça lui fait bien être mal habillée. Je m’installe confortablement dans ma banquette tout en conservant mon hood gris même s’il fait 1000 degrés. Mont t-shirt ne passe vraiment pas le test de la séduction. J’ai un premier vrai eye contact avec ma dulcinée, tout baigne dans le pouding. J’ai quasiment le goût d’y envoyer deux petits cups de lait à café à sa table et de les boire en shooters en lui faisant un petit clin d’œil on the side! En tout cas, dans mon petit monde imaginaire, ça marche et elle vient me frencher. C’est tellement plus facile de cruiser en gang. Je suis tellement plus mâle et plus confiant avec mes chums de gars. J’ouvre finalement mon laptop et je m’installe. Comme un enfant, je me laisse facilement déconcentrer. Et comme une fille, j’aime écouter les conversations des autres. Les gars en arrière de moi parlent d’hockey et connaissent clairement rien à ce sport. Ils veulent échanger Carey Price pendant qu’il est encore temps. J’ai failli me lever et leur faire chacun un powerbomb. Je vais me commander un deuxième café et à mon retour, il y a un gars assis avec ma girl! Le tabar$%#! Je le juge de la tête au pied comme une fille et comme un enfant, un jouet devient beaucoup plus attrayant lorsqu’un autre enfant joue avec. Après quelques minutes d’espionnage, je me convaincs qu’il s’agit juste d’un ami et qu’il est venu lui jaser de ses travaux scolaires.

Pour conclure, ça fait une heure et demie que je suis au café, je n’ai rien de fait et je n’ai surtout pas abordé la fille de mes rêves. Et pour répondre à ma question, je ne suis clairement pas un mâle alpha. Je suis mi-homme, mi- femme. Je m’accepte désormais en tant qu’ homme possédant un côté féminin très développé et ayant un âge mental d’un enfant de 10 ans. Bref, je suis un peu comme le Loup de Wall Street, plus à l’aise, plus homme et plus fort en meute… Sans la belle gueule, l’argent, la fougue et la confiance en soi.  En fait, aujourd’hui,  je suis le rejet de la meute. Je suis le loup de Repentigny.

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